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J’ai programmé une rando en août et ça a été une grosse erreur

juin 10, 2026
Hiker suffering in intense August heat on a dry mountain trail, illustrating hiking in summer is a bad idea

Au parking de la forêt de Rambouillet, j’ai programmé une rando en août et, en posant la main sur les membres de mon cheval, j’ai senti la chaleur remonter jusque dans mes paumes. Je pensais l’avoir ménagé avec des pauses à l’ombre, mais ses tendons étaient chauds et un peu gonflés, et la sortie m’a laissé 47 euros de soins. J’ai compris trop tard que la lumière de 18 h 20 ne mentait pas.

Je croyais bien faire en cherchant l’ombre à chaque pause, mais c’est là que tout a basculé

J’avais préparé cette boucle comme une sortie tranquille, pas comme un test. Je monte en amateur depuis des années, et je pensais connaître les pièges de l’été. J’avais même fait partir mes proches avec moi, le coffre plein de gourdes, avec cette certitude un peu bête qu’un coin boisé me sauverait de la chaleur.

Sauf que nous sommes partis à 9 h 38, déjà trop tard. Mes pauses duraient six ou sept minutes, et je choisissais des bandes d’ombre étroites, sans eau à côté. Je voyais mon cheval immobile, et j’ai pris cette immobilité pour du confort, alors que je l’enfermais juste dans une pause trop courte.

Je ne voyais pas la chaleur travailler dans ses membres en silence. La micro-inflammation, le début d’engorgement, la circulation qui se traîne après l’effort, je n’avais pas les bons repères. En août, un cheval habitué ne réagit pas comme en juin, et j’ai confondu son calme avec une vraie récupération.

Le parcours passait par des chemins de forêt que je croyais familiers, près de la maison forestière de la Croix-aux-Bois. J’avais déjà monté là sans histoire, alors j’ai laissé mes souvenirs me guider. C’était mon erreur la plus simple, et aussi la plus coûteuse.

À la fin de la rando, mon cheval était raide, les membres gonflés et la fatigue bien pire que prévu

À la fin, mon cheval n’avait plus la même franchise. Au pas, sa respiration restait haute, et il soufflait encore fort plusieurs minutes après un petit trot. La sueur perlait derrière les coudes et sous la selle, puis de la mousse blanche a commencé à marquer le poitrail.

Il a aussi raccourci l’allure avant que je comprenne pourquoi. Les oreilles bougeaient sans arrêt dès qu’on sortait du couvert végétal, et la queue fouaillait comme si les mouches le rendaient fou. Toucher les tendons chauds en fin de rando alors qu’en selle tout semblait encore gérable, c’est un choc que je n’ai pas vu venir.

Le premier arrêt m’a fait perdre mon calme. J’ai retiré la selle et j’ai vu une trace de sueur très marquée, avec une zone sèche sous le tapis qui tranchait net avec le reste du poil mouillé. J’ai perdu 2 heures à marcher au pas, à vérifier ses membres et à bricoler la récup dans une chaleur qui ne tombait pas.

J’ai acheté 31 euros de soins, 16 euros d’électrolytes et une bombe anti-mouches, soit 47 euros que je n’avais pas prévus. La sortie prévue a été coupée, et j’ai gardé pendant 3 jours la sensation d’avoir mal géré mon cheval pour une simple balade d’été. Les crottins étaient plus secs et plus petits, et ses sabots posaient plus prudemment sur les cailloux secs au retour.

Le vrai piège venait aussi de l’eau. Au point d’eau, il a reniflé le seau puis il a bu à peine, par petites gorgées. Le temps de récupération au pas s’allongeait, et je voyais bien que sa fatigue n’avait plus rien d’une petite baisse de régime.

Si j’avais su que l’ombre ne suffisait pas, j’aurais changé ma façon de gérer les pauses et l’eau

Si j’avais su, j’aurais quitté la maison à 6 h 10, pas après 9 h 30. J’aurais aussi laissé tomber l’idée d’une grande boucle et j’aurais fait des pauses plus longues, avec de l’eau fraîche près de lui. Je croyais protéger mon cheval en le mettant à l’ombre sans eau, et c’est un piège que j’ai payé cher.

Les signaux étaient déjà là, mais je les ai lus trop tard. Les crottins devenaient plus secs, sa respiration ne redescendait pas, et il posait les antérieurs comme s’il choisissait chaque caillou. Quand je l’ai senti moins réactif, j’avais déjà perdu du terrain sur la fatigue.

  • ombre mal choisie – je me contentais d’un coin étroit, sans eau, et je confondais fraîcheur visible et vrai repos.
  • eau insuffisante – je partais avec trop peu, puis je le voyais boire par petites gorgées, sans vraie reprise derrière.
  • pauses trop courtes – je repartais vite, alors que sa respiration restait haute et que la sueur continuait à perler.
  • départ tardif – à 9 h 38, la chaleur avait déjà pris la main sur la sortie, et je le sentais dès les premiers kilomètres.

J’ai aussi compris que le cheval n’avait pas besoin d’une bonne intention . Il avait besoin de temps, d’eau, et d’un rythme moins vaniteux que le mien. J’ai voulu faire simple, et j’ai fabriqué une journée pénible pour lui.

Aujourd’hui je sais que même une bonne intention mal appliquée peut aggraver la fatigue de mon cheval

J’ai fini par croire qu’on protège son cheval en le mettant à l’ombre sans eau, et c’est un piège que j’ai payé cher. Les rares sorties suivantes ont commencé à l’aube, avec des pauses plus longues et des offres d’eau régulières. J’ai vu moins de sueur au sellage, un pas plus franc au début, et moins de raideur au retour.

J’ai aussi appris à regarder ce qui ne saute pas aux yeux. Une respiration qui reste haute, des oreilles qui bougent sans arrêt, une mousse blanche au poitrail ou des membres déjà chauds racontaient bien plus que mon envie d’y croire. Quand j’ai insisté, j’ai transformé une sortie calme en fatigue qui a traîné.

Quand j’ai commencé à douter, j’ai appelé la clinique vétérinaire des Tilleuls, et ça m’a évité de rester seule avec mes suppositions. Je ne sais pas si la déshydratation aurait tourné plus mal, mais je sais que j’ai attendu trop longtemps avant de prendre le signal au sérieux. J’ai appris à mes dépens qu’un cheval raide le soir ne mentait pas le lendemain.

Cette rando de la forêt de Rambouillet m’est restée comme une sortie trop chère pour ce qu’elle m’a appris. Les sorties sont restées plus courtes, entre 1 h 30 et 3 h, et j’ai laissé 47 euros dans des soins que j’aurais préféré épargner. Pour quelqu’un qui accepte de partir à 6 h 10 et de renoncer à la grande boucle, ça restait jouable, mais moi j’ai payé la note en fatigue, en sueur et en 3 jours de cheval raide. Si j’avais su, j’aurais gardé cette journée pour un matin plus frais, et j’aurais évité de confondre l’ombre de la Croix-aux-Bois avec du vrai repos.

écrit par

Brenda Bellan

Brenda Bellan publie sur le magazine Brenda Tourisme Équestre des contenus consacrés à l’équitation, à la compréhension du cheval, aux soins du quotidien et à la progression du cavalier. Son approche repose sur des repères clairs, une présentation structurée des sujets et une volonté de rendre la pratique plus lisible et plus accessible.

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