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Le matin où ma jument a hésité devant son premier flamant rose en étang

juin 11, 2026
Cheval hésitant devant un flamant rose dans un étang au petit matin, ambiance naturelle paisible

Le sable humide collait à mes boots quand le premier cri d'un héron a traversé le Parc ornithologique de Pont de Gau. Je vis près de Dijon. Ce jour-là, j'ai roulé 4 heures pour rejoindre la Camargue, au Parc ornithologique de Pont de Gau, et marcher au bord des étangs avec ma jument. J'ai été frappée par son arrêt net devant une forme rose posée loin sur l'eau. En tant que Rédactrice spécialisée en équitation pour un magazine en ligne, j'avais déjà vu des chevaux hésiter, mais ses oreilles se sont verrouillées d'un coup. J'ai compris que la sortie ne serait pas tranquille.

Ce que je vivais avant ce face-à-face

Depuis mes années comme Rédactrice spécialisée en équitation pour un magazine en ligne, je trie les petits signes qui comptent. Je sais maintenant que les écraser sous mes certitudes ne mène à rien. Je suis célibataire, et mes soirées passent plus vite avec ma famille équestre locale qu'avec des plans de carrière. Ma jument anglo-arabe de 12 ans me connaît depuis 2016, et je la monte seulement 2 fois par semaine quand mon agenda le permet.

Cette sortie devait rester simple. J'avais prévu 15 minutes de pas, puis un retour calme. Je n'avais jamais vu un flamant rose de près, et ma jument non plus. J'étais sûre de moi, parce qu'elle traverse d'habitude les chiens au loin et les canards sans s'échauffer.

Ma formation continue en gestion équestre (IFCE) m'a appris à laisser une tête regarder avant de demander un pas . Les repères de l'Institut français du cheval et de l'équitation (IFCE) m'ont toujours semblé très justes sur ce point. Je me suis pourtant trompée ce matin-là, en croyant qu'une jument calme passerait sans discuter devant un oiseau rose immobile.

Le moment où tout s'est figé devant le flamant

La lumière était douce sur l'étang, et le rose du flamant tranchait sur le gris de l'eau. Ma jument a ralenti d'elle-même, puis son nez s'est étiré très loin vers l'avant sans que son corps suive. J'ai vu ses naseaux travailler fort, comme si elle cherchait une odeur qu'elle ne trouvait pas. L'oreille extérieure est restée tournée vers moi, l'autre vissée sur l'oiseau.

Elle s'est arrêtée net à quelques mètres du bord. Son poids a glissé vers l'arrière-main, et ses postérieurs ont pris appui avant le premier pas. Son regard est resté fixe, presque dur, puis son souffle est devenu plus court. Au bout de 30 secondes, elle ne bougeait plus du tout, comme bloquée dans sa décision.

J'ai parlé trop vite, avec cette voix un peu bête qu'on prend quand on veut calmer l'autre. J'ai aussi posé ma main sur son encolure, puis un peu trop haut, vers la base de l'encolure. Mauvaise idée. Son encolure s'est encore raidie, et sa tête s'est levée d'un cran. J'ai même voulu avancer droit vers le flamant, et là, elle a chargé un petit écart sur la droite.

C'est à ce moment-là que le flamant a bougé la tête, puis il a ouvert les ailes d'un coup. J'ai vu ma jument se figer une seconde et le reflet dans l'eau a doublé la forme rose. Ce double trait, au-dessus et en dessous, a tout brouillé pour elle. Elle ne regardait plus seulement l'oiseau. Elle regardait aussi sa version tremblée dans l'étang, et ça a déclenché l'écart sec.

Le pas après l’hésitation, ce que j’ai découvert sur elle et sur moi

Je suis restée immobile, les épaules basses, et j'ai cessé de tirer sur la rêne intérieure. Après une bonne minute, son encolure a lâché d'un centimètre. Elle a soufflé plus long, puis elle a fait un pas timide sans que je demande rien. Je me suis sentie ridiculement soulagée par ce pas minuscule. Ce micro-mouvement m'a presque soulagée plus que de raison.

J'ai compris là que le temps du cheval ne se négocie pas à la voix. Quand je veux aller trop vite, je la pousse dans une lecture qu'elle n'a pas finie, et elle se contracte au lieu d'avancer. Là, au contraire, le simple fait de laisser la distance exister a fait redescendre la tension. Depuis, je regarde plus longtemps ses pauses que ses mouvements.

Après ça, j'ai commencé à lire des détails minuscules. Le poids s'allégeait d'abord sur l'avant-main, puis revenait un peu au milieu. Son nez se détendait, l'oreille extérieure revenait vers moi, et le souffle redevenait plus profond. Ce sont des signes minuscules, mais je les ai vus revenir, un par un.

En 8 ans comme Rédactrice spécialisée en équitation pour un magazine en ligne, j'ai été frappée par la finesse de cette réaction. Ma jument n'avait pas peur du rose immobile. Elle réagissait au mouvement, puis au reflet qui vacillait. Je me suis retrouvée face à une peur très précise, et pas du tout à une humeur capricieuse.

Ce que je sais maintenant, ce que je referais et ce que j’éviterais

Le plus déroutant, c'est le reflet. Je pensais que le flamant posait seul le problème, puis j'ai vu que la surface de l'eau multipliait l'effet visuel. Le vrai basculement venait dans la plupart des cas quand il tournait la tête ou changeait d'appui. À cet instant, ma jument lisait un mouvement, pas une couleur. Je ne sais pas si chaque jument réagit pareil, mais la mienne lit clairement ce contraste.

Si je revoyais la scène, je laisserais d'abord ma jument regarder à distance. Ensuite, j'irai en ligne courbe, avec des pauses courtes, plutôt qu'en face et d'un seul trait. J'ai vu que quelques mètres de détour rendaient le passage plus respirable. Deux minutes de calme valaient mieux qu'un passage forcé. J'ai été convaincue que je ne gagnerais rien à précipiter ce moment.

Je ne parlerais pas autant. Je ne toucherais pas sa tête pour la rassurer, et je n'essaierais pas de gagner la place avec plus de main. Ce matin-là, ces gestes l'ont rendue plus haute dans son encolure et plus prudente encore. Quand je me suis entêtée, elle a gagné en raideur, pas en confiance.

Cette manière de faire me parle pour une cavalière amateur avec peu de créneaux, une jument sensible et l'envie d'avancer sans transformer la balade en bras de fer. Mes retours de terrain, et les repères de l'Institut français du cheval et de l'équitation (IFCE), vont dans le même sens. Si je sens une gêne physique, je ne cherche pas plus loin. Là, je laisse un vétérinaire équin regarder. Je me suis adaptée à ce rythme-là parce que je voulais garder la sortie légère, pas la casser.

Je n'avais jamais réalisé que c'était le mouvement imperceptible du flamant qui faisait basculer le calme de ma jument en panique silencieuse, pas sa simple présence rose.

Ce que j’ai gardé en rentrant de Pont de Gau

Je suis rentrée de Pont de Gau avec une jument plus attentive et moi plus lente dans ma tête. Ce matin-là, j'ai compris que la méfiance visuelle pouvait être très fine, presque silencieuse, puis basculer d'un coup quand l'eau bouge. La distance, le pas courbe et les pauses ont laissé la sortie reprendre son souffle.

Pour une cavalière qui accepte de ne pas forcer le passage, cette manière de faire m'a paru juste. J'ai été convaincue que je ne gagnerais rien à précipiter ce moment. Pour moi, le vrai changement n'a pas été de vaincre le flamant, mais d'accepter que ma jument lise le décor à sa manière. Je garde ce souvenir-là avec le sel de la Camargue et le calme retrouvé du Parc ornithologique de Pont de Gau.

écrit par

Brenda Bellan

Brenda Bellan publie sur le magazine Brenda Tourisme Équestre des contenus consacrés à l’équitation, à la compréhension du cheval, aux soins du quotidien et à la progression du cavalier. Son approche repose sur des repères clairs, une présentation structurée des sujets et une volonté de rendre la pratique plus lisible et plus accessible.

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